Alors que nous sommes de plus en plus stressés et angoissés par la situation sanitaire, économique et sociale actuelle, il est important d’alerter sur les dangers du syndrome “du coeur brisé”. Un syndrome qui semble se développer de plus en plus dans le monde. 

Aussi surprenant que cela puisse paraitre, ce n’est pas d’une déception amoureuse dont il est question dans cet article, mais bel et bien d’une maladie cardio-vasculaire. Une maladie dont on ne parle pas assez et qui pourtant se développe de plus en plus depuis l’apparition de la pandémie de COVID19.

Le syndrome du coeur brisé, aussi connu sous le nom de “Tako-tsubo” est une maladie du muscle cardiaque provoquée par un choc émotionnel ou physique trop intense. A la suite d’une situation jugée trop stressante (décès, annonce d’une maladie, rupture amoureuse, agression, accident, …) le système nerveux sympathique s’active et déclenche la production en masse d’hormones du stress appelés catécholamines. Ces hormones, néfastes pour le coeur, accélèrent le rythme cardiaque, la pression artérielle et cela se termine souvent par une paralysie du muscle cardiaque. Une paralysie qui n’est pas irréversible lorsqu’elle est prise à temps.

L’accumulation de stress conduit à une fragilité émotionnelle, qui peut aboutir à une paralysie du muscle cardiaque. Le coeur se met en état de sidération face à l’événement de trop, qui aurait pu être anodin en d’autres circonstances (…)“ commente le Pr. Claire Mounier-Véhier, cardiologue au CHU de Lille.

Comment repérer ce syndrome à temps ?

Pour pouvoir prendre en charge rapidement le syndrome du coeur brisé, il faut consulter dès l’apparition des premiers symptômes. Des symptômes qui ressemblent très souvent aux symptômes d’un infarctus et qui donc nous poussent généralement à nous méfier.

Il faut donc prendre en compte : un essoufflement inhabituel, une douleur brutale dans la poitrine, une douleur qui irradie dans le bras, la mâchoire, des palpitations plus fréquentes et parfois les malaises vagaux. 

Si le syndrome du coeur brisé reste encore assez méconnu dans notre société, on recense malgré tout chaque année environ 100.000 cas de ces syndromes. Parmi ces cas, “de 1 à 3 % des patients concernés font réellement un ‘tako-tsubo’, ce qui représente quelque 2.000 à 3.000 cas par an“, explique Alain Furber, cardiologue et président de la Fédération française de cardiologie (FFC). Parmi ces patients, on retrouve en majorité des femmes ménopausées. En effet, “leurs artères sont particulièrement sensibles aux effets des hormones du stress et spasment plus facilement“, déclare notamment le Pr. Claire Mounier-Véhier. 

Des cas qui se multiplient avec la COVID19

La situation sanitaire actuelle est évidemment propice au développement de ce syndrome … Selon une récente étude américaine, le syndrome du coeur brisé a été multiplié par 4 en un an. Les causes sont plutôt évidentes : d’une part le stress psychosocial provoqué par cette crise sans précédent et la précarité économique dans laquelle de nombreuses personnes sont tombées en quelques mois.

Plusieurs médecins tirent la sonnette d’alarme à ce sujet, “C’est une urgence cardio-vasculaire encore trop méconnue, à prendre très au sérieux, tout particulièrement en cette période de COVID19“. En effet, il ne faut pas oublier que le syndrome du coeur brisé peut quand même causer la mort subite mais également des embolies artérielles lorsqu’il n’est pas pris à temps … 

Comment prévenir ce syndrome ? 

On dit que le syndrome du coeur brisé est favorisé par un choc émotionnel ou physique puissant combiné à une fatigue intense. Pour pouvoir s’en prémunir, il existe plusieurs “recommandations“. Ces recommandations ne garantissent pas le “zéro risque“ mais elles vous permettent de diminuer les risques :

  • Privilégier une bonne hygiène de vie : il faut réduire les risques en faisant attention à son sommeil, en optant pour une alimentation saine et équilibrée, en privilégiant une activité physique régulière plutôt que la sédentarité. Toutes ces petites choses qui paraissent anodines sont pourtant primordiales pour pouvoir être en mesure de gérer son stress au quotidien, limiter les risques cardio-vasculaires et lutter contre la fatigue chronique. 
  • Maitriser sa respiration au quotidien : il faut apprendre à gérer un pic de stress, une angoisse, une peur, grâce à sa respiration. Un outil magique, mais que l’on automatise aujourd’hui et qui pourtant une fois maitrisé, peut s’avérer extraordinaire. On peut par exemple parler de la cohérence cardiaque qui permet en quelques minutes de chasser des pensées parasites qui envahissent notre esprit pour améliorer notre sommeil ou tout simplement gérer un pic de stress.
  • Prendre le temps d’effectuer des siestes intelligentes : il est recommandé d’opter pour des siestes courtes, d’au moins 20 minutes, pour récupérer et recharger ses batteries. La fatigue est un facteur à risque, qui favorise nettement l’apparition de ce syndrome. Apprendre à son corps à récupérer rapidement, plusieurs fois dans la journée si nécessaire, s’avère très efficace. Pour apprendre à faire des siestes rapides et intelligentes, vous pouvez par exemple utiliser votre masque HYPNOS et son mode “Sieste”.

Le syndrome du coeur brisé est un syndrome à prendre très sérieux. Comme le rappel le Pr. Claire Mounier-Véhier, “le syndrome de tako-tsubo nécessite une hospitalisation en urgence, pour éviter des complications graves et permettre une prise en charge en unités de soins intensifs cardiologiques. L’appel du 15 est primordial comme dans l’infarctus du myocarde, chaque minute compte !”